Les oiseaux des habitats protégés

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Oiseaux habitats protgs Mai 2012Le dimanche 22 mai 2012, le GON (Groupe ornithologique normand) proposait des visites gratuites sur 70 sites normands à la découverte de ces habitats où la gestion plus ou moins dirigée va dans le sens de la préservation des oiseaux et de la biodiversité en général.
L’expression « habitat protégé » fait tout de suite penser à des réserves naturelles, aux zones Natura 2000, aux Parcs naturels régionaux ou aux ZNIEFF (Zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique).
Mais, on peut également classer dans cette catégorie les refuges, espaces conventionnés avec une association, dont le propriétaire ou le gestionnaire s’engage à un minimum d’attention et de précautions envers les espèces sauvages.
Pancarte GonDans la convention qu’il propose aux adhérents, le GONm (Groupe Ornithologique normand) inclut l’engagement qu’un observateur passe au moins une fois par an sur le site afin de dresser une liste de l’avifaune. Cet inventaire, aussi partiel soit-il, est aussi un outil d’information et de discussion avec le gestionnaire du refuge. Cette démarche prend en particulier un sens important quand le refuge est une carrière, une forêt, une ferme, etc.

Ainsi, ce dimanche 22 avril 2012, après avoir participé aux élections nationales du jour, les participants à la sortie de Mortagne ont quitté le parking d’Intermarché pour rejoindre la butte boisée de La Garenne où se trouve l’un de ces refuges. Chemin faisant, différents types de gestion du même milieu naturel ont pu être comparés, allant plus ou moins dans le sens de la préservation de l’avifaune:
  •      Traitements divers des haies : certaines sont champêtres, menées « à l’ancienne » avec une grande diversité d’espèces et sont taillées en dehors des périodes de nidification. D’autres sont pauvres en nombre d’espèces, taillées à tout moment de l’année et désherbées chimiquement à leur pied.
  •    Certaines parcelles sont traitées en faisant du « propre » : suppression des ronces, suppression des arbres morts et du lierre, sélection des arbres en ne gardant que les espèces dites nobles : chênes et châtaigniers.
Dans la parcelle gérée en refuge, certains principes ont été observés :
  • Garder une diversité maximale d’arbres, chaque espèce ayant des atouts, soit pour la nidification, soit pour l’apport de nourriture. Le chêne fournit des glands à volonté aux geais et aux pigeons ramiers qui s’en remplissent le jabot jusqu’au début du printemps. Les noisettes sont appréciées par la sitelle torchepot, les merises par le merle. Le pic apprécie le bois des trembles pour y creuser ses loges, mais aussi celui des vieux acacias qui ont des branches mortes très sonores et musicales pour leurs tambourinages nuptiaux. Toutes ces loges servent d’habitat les années suivantes pour les autres espèces cavernicoles : mésange charbonnière et mésange bleue, sitelle torchepot, étourneau sansonnet.

  • La présence de conifères attire les mésanges huppées et à longue queue, les roitelets huppés et triples bandeaux. Le plus vieil épicéa reste le fief de la hulotte qui l’occupe depuis de nombreuses années et lance ses hululements tous les jours.

  • Conserver les arbres morts malgré le risque de chute non contrôlée. Ils peuvent rester sur pied 10 à 15 ans et font d’excellents refuges et garde-manger pour les pics épeiches et épeichettes. Les écorces mortes qui se décollent - notamment des épicéas - sont des abris appréciés par le grimpereau des jardins.

  • Laisser le lierre pousser sur les clôtures, mais également sur les arbres. Contrairement aux idées reçues le lierre n’étouffe pas les arbres et s’il en colonise un, c’est que celui-ci a déjà commencé à dépérir et, son feuillage s’éclaircissant, le lierre a suffisamment de lumière pour se développer. Chaque « arbre à lierre » a son nid, bien souvent celui du pigeon ramier qui prolifère. L’hiver, le lierre sert d’abri aux oiseaux, pour se protéger du froid. En fin d’automne, il fleurit, nourrissant encore tout un tas d’insectes, servant eux-mêmes de repas aux oiseaux. En fin d’hiver, ses baies sont bien souvent les seules disponibles et le rouge gorge les intègre à son menu.

  • Garder une partie de son jardin « sauvage » : roncier pour la nidification, mais aussi pelouse ou prairie que l’on fauchera tardivement (ou pas du tout) après montée en graines.

  • Eliminer, bien sûr, l’utilisation des pesticides.

  • Aménager un bassin qui, selon sa configuration et sa taille, servira de garde-manger à certaines espèces aquatiques et de buvette à d’autres.

  • Enfin, la pose de nichoirs est toujours appréciée par les mésanges charbonnières et bleues, mais aussi par les humains qui peuvent ainsi mieux les observer. Ces nichoirs sont toujours un plus, mais rien ne remplace la préservation de l’habitat naturel des oiseaux et de leurs sources d’alimentation.

Pour transformer son jardin en réserve ornithologique, quelques mesures simples peuvent suffire, souvent plus efficaces que les classiques nichoirs et mangeoires hivernales.
Si vous souhaitez, vous aussi, transformer votre jardin ou propriété en réserve, n’hésitez pas à demander à un ornithologue d’en faire l’inventaire. Vous pourrez ensuite le faire labelliser avec le logo du GONm !