Sortie traces du dimanche 09 décembre 2012

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Sous le ciel gris de décembre, l’Abbaye de Soligny-la-Trappe semble encore plus mystérieuse. Le point de rencontre est à quelques centaines de mètres, juste à l’entrée de la forêt domaniale. Les participants, que la météo n’a pas découragés, se rassemblent petit à petit autour d’Alain LE MARQUER, bénévole à l’AFFO. Guidé par ce passionné de nature, ces apprentis détectives du jour vont traquer tous les indices que les habitants de la forêt de tout poil ont pu laisser sur leur passage . Nids, reliefs de repas, poils : nous allons chercher leurs empreintes, annonce le guide. La pluie, qui n’a cessé ces quinze dzerniers jours, risque d’avoir effacé les preuves. Qu’importe. Au pire, ce sera une belle balade en forêt, lance un participant.
L’équipe se met en route. Il ne faut pas longtemps pour trouver une première victime : un tronc d’arbre mort, percé à plusieurs endroits. Le têtes se lèvent. Vous vous attendiez à voir des traces et je vous fais regarder en l’air, s’amuse le guide, qui dresse immédiatement un portrait robot du suspect, sûrement un pic noir. L’oiseau, de la taille d’une corneille – plumage noir et calotte rouge sur la tête – attaque les troncs pour se nourrir et y faire son nid. Son bec est un véritable poignard et, pour éviter les maux de tête à force de frapper l’écorce, Dame Nature l’a doté d’une langue faisant le tour de son crâne par l’arrière en guise d’amortisseur. Captivé, le cortège se remet en route. Des crottes de chevreuil, au détour d’un sentier, promettent une belle piste. Mais la trace se perd un peu plus loin.
 
Connaître la nature pour la respecter

Le chemin grimpe jusqu’à une ancienne carrière de sable, insoupçonnable depuis la route. Le sol a été retourné, constate Alain Le Marquer. Des sangliers sont passés, ils cherchaient sans doute des lombrics ou des limaces, de quoi se nourrir. Tout le monde se met à marcher les yeux rivés au sol à la recherche d’une preuve supplémentaire. Bingo. Quelques mètres plus loin, de belles traces dans le sol. Les empreintes du sanglier sont plus grosses et se reconnaissent aux deux doigts bien distincts. C’est comme s’ils étaient encore là.
Direction la mare, plus loin. Un lieu de rendez-vous où les bêtes viennent s’abreuver, voire se détendre. Le sanglier n’ésite pas par exemple à plonger pour un bain de boue saliutaire contre les parasites. Mais aujourd’hui pas âme qui vive à l’horizon, il fait trop froid. Après deux bonnes heures de marche, l’enquête touche à sa fin.
Personne n’a vu d’animaux, certes, mais chacun a bien eu l’impression de les approcher et surtout, d’en avoir appris beaucoup. C’est l’objectif principal de ces sorties gratuites et pour tous, insiste Alain Le Marquer , le guide. Car pour respecter la nature, il faut la connaître.
 
Christellle TOPIN journaliste
Reflet 89 – Mars-Avril 2013
 Sortie traces Soligny 09dc2012 2  Sortie traces Soligny 09dc2012
  A la recherche d'empreintes autour d'une souille de sanglier