Traitement de nouvelles boues par l'Usine Caillaud de Saint-Langis-lès-Mortagne

Le 8 janvier 2008.

Les habitants de Mortagne ne doivent pas être des cobayes !

Un nouveau risque pour l’environnement et les populations avoisinantes est mis en place à l’usine des établissements Caillaud de Saint Langis-les-Mortagne : il s’agit du traitement de boues et graisses provenant de stations d’épuration urbaines ainsi que de sous-produits d’origine végétale constituant des déchets industriels. Ces nouvelles boues sont principalement d’origines chimiques et non animales, du moins est-ce ainsi que les choses nous ont été présentées, lors de la dernière réunion de la CLIS, avec une liste très impressionnante de produits inclus dans ces nouvelles boues : ces produits sont tous toxiques, mutagènes, cancérigènes etc.

Pour ces nouveaux risques, Monsieur le Sous-Préfet a prévu que la procédure normale soit respectée, à savoir une étude d’impact suivie d’une enquête publique. Mais, et c’est là notre inquiétude, il a déjà promulgué un arrêté en date du 11 juillet 2007 autorisant les établissements Caillaud à traiter ces nouvelles boues sans attendre que soit réalisées l’étude d’impact et l’enquête publique, et ce pour une durée de 6 mois. De surcroît, il est d’ores et déjà envisagé de prolonger cet arrêté de 6 nouveaux mois.

Cette procédure d’exception, en cours, nous apparaît comme inacceptable au moins pour les raisons suivantes :

  • Cette procédure d’exception est parfois utilisée pour des fabrications de courte durée : ce qui, vu le contexte et les buts poursuivis par les établissements Caillaud, n’est pas le cas ici.

  • Cette procédure d’exception est parfois utilisée pour des fabrications anciennes mais qui sont récemment classées ou déclarées : ce qui n’est pas, une fois encore, le cas ici.

  • L’étude d’impact et l’enquête publique, lorsqu’elles seront diligentées, mettront 10 à 12 mois pour aboutir. Si l’on y ajoute les 6 ou 12 mois d’autorisation exceptionnelle, c’est au mieux pendant plus de 2 ans que la population se trouvera exposée à des risques certains et non encore calibrés. La population locale se trouvera donc en position de cobaye pendant 2 ans.

Ces faits et méthodes ne font qu’accentuer notre inquiétude, déjà importante, sur les conséquences environnementales et sanitaires des activités industrielles des établissements Caillaud. Le principe de précaution, qui fait partie de la Charte de l’environnement adossée à la Constitution de notre pays, nous semble mis bien à mal dans cette affaire. Trop d’incertitudes règnent pour que ce dossier puisse être accepté tel quel.

Ce sont ces raisons qui nous poussent à demander aux autorités préfectorales l’arrêt immédiat du traitement de ces nouvelles boues et autres substances dans l’usine Caillaud de Saint Langis-les-Mortagne et ceci jusqu’à ce que soient réalisées une étude d’impact et une enquête publique évaluant les risques de cette activité industrielle et les solutions prises pour en supprimer les conséquences, comme le prévoit la Loi.